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Extrait de Chaos et Cyberculture par T. Leary

Extrait de Chaos et Cyberculture par T. Leary

L’Éternelle Philosophie du Chaos par T. Leary [1ere partie]

Déposé par Spartakus FreeMann dans 30 octobre 2006 – 10 h 49 min

Par Timothy Leary

Depuis plusieurs millénaires il est apparu basique que la nature fondamentale de notre univers était d’une extrême complexité, un désordre inexplicable : cette splendeur mystérieusement enchevêtrée communément connue comme le Chaos. Les poètes hindous concevaient l’univers comme la danse de l’illusion dans les songes.

Les bouddhistes, dans leurs paradoxes et leurs systèmes psychologiques, parlaient d’un vide qui est trop complexe ; peut-être un milliard de milliards de fois trop complexe pour être appréhendé par les processeurs alphanumériques (ABC123) de notre fonctionnement mental verbal

Le poète philosophe Lao Tzu rappelait de façon quelque peu sardonique que le tao est inéluctablement cet enchevêtrement de complexités changeantes à la vitesse de la lumière, inaccessibles et insaisissables pour nos doigts comme pour nos puces qui s’appliquent à typographier des missives sur des claviers alphanumériques et des systèmes opératoires mentaux.

Socrate, ce démocrate athénien fier et certain de sa valeur, a indécemment laissé s’échapper un dangereux secret lorsqu’il affirme « Le but de la vie humaine est la connaissance de soi-même. » Slogan qui est certainement le Tshirt le plus subversif flanqué par les humanistes sur le dos de l’humanité, ou la plus polémique des vignettes sur le pare-chocs de leur neuro-auto-mobiles

La pensée individuelle est le péché originel des livres bibliques judéo-chrétiens islamiques, et des tentatives de sabotages du Chaos par l’autorité pour l’ordonner.

La première règle de tout système de contrôle est la banalisation diabolisation des concepts dangereux qui sont ceux du Soi, des Finalités individuelles, et de la Connaissance personnelle. C’est une hérésie, une traîtrise, un blasphème que de penser par soi-même. Seuls les diables et les chétanes le font. Exposer la pensée créatrice devient un crime passible de la peine capitale. « Trois coups de lames et c’est bon » : voilà comment cela s’est passé pour des centaines de protestants durant l’inquisition orchestrée par la papauté romaine ; à noter que lorsqu’elles protestants acquirent le contrôle d’une zone de Chaos il ne se sont pas privés de se livrer à des bûchers de sorcières.

Tout était très simple pour les pourvoyeurs de la loi morale. Là-haut sur la voie olympienne et son parapet communautaire il y a les immortels dieux et déesses. Et puis nous, mortels insignifiants, traînant nos boulets dans nos appartements à loyers modérés.

L’idée d’individus, faits de choix qui constituent leur identité, semblait une pure folie, le cauchemar ultime : et ce, non seulement pour les bureaucrates autoritaires, mais également pour le sens commun libéral. Il faut juguler le Chaos !

Le moyen le plus courant d’apprivoiser et de domestiquer cette complexité qui nous entoure et d’inventer quelques Dieux « mordants », de préférence infantiles et d’établir quelques règles enfantines : « Honore ton père et ta mère, etc. »Les règles sont simples et logiques. Obéir passivement. Prier. Travailler. Croire.

Et puis, loués soient les ennuyeux, ne laissons même pas exister l’idée terrifiante qu’il puisse exister dans cet univers de désordre et d’insignifiance des individus qui vont ça et là, en se demandant comment ils vont se constituer eux-mêmes en tant qu’individus.

Chaos engineering.

Les premiers maîtres d’œuvre du Chaos ont certainement été les maîtres hindous, qui ont élaboré une méthode opérant sur le cerveau, et qui est le yoga. Pour cela ils ont créé un des grands manuels guide-pratique à cette fin : le livre des morts tibétain. Les taoïstes chinois ont enseigné certaines techniques visant à aller dans le sens des flux ; ne pas se cramponner aux idées-structure, mais changer, et évoluer. S’il y avait un message : restons zen, et ne paniquons pas. Le chaos est bon. Les possibilités qu’il peut créer sont infinies.

L’idée loufoque de Socrate, « Par toi-même c’est mieux », qui est à la base de la démocratie moderne, a été une version insolente, pragmatique et de bon sens des yogas hindous, bouddhistes et taoïstes. Souvenez-vous où cela a mené le Tibet, l’Inde et la Chine ? Nulle part ! (On trouve ici un jeu de mots avec « Sachez-le »)

L’idée qui est dangereuse, c’est cette notion folle et mégalomane de « SAVOIR » qui définit l’humain asservi comme un penseur. Outrageuse outrecuidance. L’esclave est encouragé à devenir un philosophe. Le serf lutte pour le statut de psychologue. En puissance, des maîtres yogis ! C’est cette même hérésie qui explique pourquoi plus tard des évolutionnistes athées comme linnaeus et Darwin ont défini notre espèce de superchimpanzés évolués comme Femina (voire Homo) Sapiens Sapiens.

Chaos, l’en-dehors.

Durant des siècles un tabou des plus fanatique a sévi à l’encontre du désir de comprendre propre aux sciences. Pourquoi ? À cause de la peur générée par le Chaos. Notre place, apparemment si insignifiante dans la danse sidérale… Cette question est un affront tel pour les fanatiques du contrôle qui de façon si zélée, vaillante et sérieuse essayent de donner une direction au chaos, qu’ils en ont prohibé toute tentative intelligente de se cadrer en hors-champ de façon à fouiller cette complexité si éclatante. À un certain point, des dispositifs d’altération de la conscience comme le microscope et le télescope ont été rendus criminels pour la même raison qu’on a rendu criminel l’ingestion de plantes psychoactives quelques années ensuite. Ils rendaient possible d’explorer par l’œil de la pensée des fragments et des zones du Chaos. Galilée a connu la déchéance et Bruno a brûlé sur le bûcher pour avoir démontré que le Soleil ne pouvait pas tourner autour de la Terre. Les chaophobes religieux et politiques aspirent à ce que l’univers, ordonné de façon harmonieuse et agréable, se love autour d’eux. Au cours du siècle dernier, la science a mis au point des techniques d’extension de la sensorialité humaine, qui donnent une idée plus précise des complexités au sein desquelles nous évoluons, et qui sont à proprement parler de nature à faire revenir les morts. L’astronomie stellaire décrit l’univers avec de fascinantes multiplicités. Cent milliards de petits systèmes stellaires dans notre étroite galaxie, cent milliards de galaxies dans notre univers encore trébuchant.

Chaos. L’en dedans.

Au cours des deux dernières décennies du vingtième siècle, les scientifiques ont commencé à étudier la complexité du cerveau humain. Là on peut parler de la présence du chaos ! Il en ressort que le cerveau est un réseau galactique de cent milliards de neurones. Chaque neurone est un système d’information aussi complexe qu’un de nos ordinateurs standards ; il est par ailleurs connecté à dix mille autres neurones. Chacun de nous est équipé d’un univers de neurocomplexité réellement insondable pour nos esprits alphanumériques. L’une de plus humiliantes failles concernant notre ignorance actuelle est justement ces potentialités du cerveau.

Humanisme : plans de tournois maritimes L’observation du chaos nous laisse libres d’envisager notre tâche comme un devoir de comprendre, se réjouir et célébrer la charmante nature de l’univers dans son ensemble ; y compris la pure folie des nœuds gordiens dans nos cerveaux. L’activation du prétendu cerveau droit supprime les ultimes inhibitions de la compréhension du chaos, et fournit les fondements scientifiques pratiques de la philosophie humaniste : en nous encourageant au rassemblement en vue de façonner nos propres vues du Chaos.

Ces derniers mois, j’ai été habité par l’obsession de cette complexité extrême du tout dans son ensemble. Répondre à des questions simples dans une interview ou bien écrire un papier sur des questions abstraites exige de moi l’examen minutieux de mes points de vues actuels sur l’humanité et son évolution, etc.

Ce que nous sommes, nous ne savons qui ni pourquoi, nous ne savons où ni quoi, ou même quand. Autant dire la terreur nocturne ! Agents aliénés, ignorants, commissionnés sans instructions préalables. Mon enthousiasme électrisant concernant le Grand Bordel ( le Chaos) est bien sûr causé par le stade de sénilité avancée auquel je suis courageusement parvenu.

Une perte en termes de mémoire à court terme arrive lorsque l’on oublie ce qui est en train de se passer et pourquoi l’on est là. Un gain en termes de mémoire à long terme laisse entrevoir les douloureuses perspectives de ce que l’humanité a pu proposer en matière de réponses étranges face au Mystère.

Ce dont je parle c’est de la trame par laquelle vous arpentez le chaos et modulez vos désordres intimes

Sur des écrans

Avec vos outils cybernétiques

De vos perspectives contre-culturelles

Au moyen de chimies informationnelles, les drogues du chaos

En pleines jouissances cyberotiques

Artistes de la guérilla

Dans l’exploration de dé-charges alternatives

Roulant sur les vagues des folies millénaires

Entrevoyant la gloire des impossibles et des improbabilités furieuses du siècle à venir.

Réjouissons-nous, car c’est avec nous-mêmes que l’on joue.

Timothy Leary. Traduction française par Aurora, 2007. Extrait de Chaos et Cyberculture

 

 

 

 

L’Éternelle Philosophie du Chaos par T. Leary [2eme partie]

Déposé par Spartakus FreeMann dans 30 octobre 2006 – 12 h 54 min

Par Timothy Leary

Paganisme high-tech ou le cyber punk en tant qu’alchimiste moderne.

La génération du baby-boom a grandi dans un monde électronique d’allumage/réglage (des années soixante à soixante-dix) sur des chaînes de télé et des ordinateurs individuels. Les cyberpunks, qui ont grandi dans les années 80 et 90, ont développé de nouvelles métaphores, rituels, de nouveaux modes de vie, pour envisager l’univers de l’information. De plus en plus d’entre nous deviennent des alchimistes du numérique, des chamanes de la logique floue. Il existe de nombreux parallèles entre la culture des alchimistes, et celle des cyberpunks adeptes des ordinateurs. Les deux exploitent la connaissance d’un arcane occulte, avec mots de puissance et de symboles secrets, et dont la majeure partie des gens ignorent l’existence. Les « symboles secrets » se composent des langages mathématiques et informatiques, alors que les « mots de puissance » guident les systèmes opérants de l’ordinateur pour mettre en forme ces tâches de nature herculéenne.

Connaître la codification précise du nom d’un programme informatique donne l’accès à sa mise en oeuvre, qui transcende la difficile tâche musculaire ou mécanique de recherche. On retrouve des deux côtés apprentissage et rites d’initiation. On parvient au « triomphe psychique » des présences télépathes et des actions à distance par l’activation de cette fonction dans le sommaire du menu.

Les jeunes alchimistes numériques ont, à leur tableau de commande, des outils d’une clarté et d’une puissance telle que leurs prédécesseurs n’auraient pas pu imaginer. Les écrans d’ordinateur sont des miroirs magiques, qui représentent des réalités alternatives à différents degrés d’abstraction sur commande (invocation). La souris, ou le stylet de la tablette numérique sont comme la baguette magique qui canalise le bombardement des données sur l’écran d’affichage, et dirige la force créatrice des systèmes d’exploitation. Les vrilles des disques durs sont les pentacles transcrits au moyen de symboles complexes. Des tablettes terrestres pour recevoir des saisies de données « aériennes », et en résulte une électricité intellectuelle vrombissante des processeurs de programmation informatique. Les barrettes RAM de mémoire vive, sont littéralement une mémoire tampon (des fonds de régulation) ; le fluide, l’élément passif essentiellement apte à recevoir des empreintes et les retransmettre en les renvoyant.

Les langages par icônes des programmations virtuelles sont un tarot, le résumé en images de toutes les possibilités, activement divinatoire de par leurs juxtapositions et leurs influences les unes sur les autres. C’est une Table Périodique des possibilités, forme occidentalisée du Yi Ching oriental. Les langages traditionnels de programmations informatiques qui sont orientés par les mots, comme FORTRAN, CORBOL et les autres, sont une forme primitive dégénérée de ces systèmes universels, ou les grimoires des corporations guidés par la plus-value.

Les sessions database détaillées de l’activité des systèmes opérationnels forment de façon microsystémique les cahiers akashiques. Au niveau macroscopique, la somme de connaissance du « monde en réseau », le réseau hypertexte global d’information en ligne qui s’incarne dans la capacité de stockage des disques cd-roms et dans les aptitudes de transmissions de données par les fibres optiques. La matrice cyberespace de William Gibson.

La transmutation personnelle (ecstasie de l’ultime sabordage) est le but masqué de ces deux systèmes. Le satori d’une communication harmonieuse homme-ordinateur, qui s’en suit de cette involution sans fin dans les métas niveaux de projection du Soi, c’est le tribut de l’immaculée conceptualisation et des mises en œuvre des idées.

L’universalité du 0 et du 1 tout le long de l’histoire de la magie et de la religion ; yin et yang, yoni et lingam, coupe et dague : se manifeste en notre ère par des signaux digitaux : les 2 bits étant sous-jacents à l’exécution de l’intégralité des programmes existants dans le monde, dans nos cerveaux et dans nos systèmes d’exploitation. En élargissant un peu, même la monade, symbole du changement et du Tao, est visuellement similaire à la superposition d’un 0 et d’un 1 de même que son axe central incurvé est étiré, de par l’action des forces centrifuges, à partir de la vitesse de rotation toujours croissante de la monade.

La cyberreligion des baby-boomers

D’ici à l’an 2000, les préoccupations des individus nés au moment du boom des naissances après-guerre seront d’ordre numérique ou (pour reprendre les anciens paradigmes) philosophique et spirituel. Durant leurs jeunesses ces individus se sont enivrés d’esprit de façon quelque peu adolescente et inégalée. Dans leur révolte contre l’usine culture, ils ont su réinventer leur monde partant de leurs racines tribales et païennes ; ils se sont initiés à l’Hindouisme, au Bouddhisme, à la sagesse des Indiens Natifs Américains, la Magie et à la Sorcellerie, Au Voodoo Ann Harbor, au Yoga Esalen, au Yi King et au Taoïsme, Aux Exorcismes du Pentagone, à la réincarnation en 3D, Love-Ins, et aux Célébrations Psychédeliques.

Cette génération, souvenons-nous, a été désenchantée par les religions, les politiques, les fonctionnements économiques de leurs parents. Ils ont grandi sous la menace de la guerre nucléaire, vivant l’assassinat de leurs leaders bien aimés ; la crise des sociétés industrielles ; une dette intérieure impossible à rattraper ; les fondamentalismes religieux (chrétiens juifs islamiques) hurlant fanatiquement leur haine et leur intolérance… Ils ont acquis des déficiences immunitaires, et devant une négligence incompréhensible de toute écologie, ils ont su développer une forme saine de scepticisme vis-à-vis des solutions collectives.

Que la génération du baby-boom ait créé une psychologie des navigations individuelles, cela ne fait aucun doute. L’idée est à la base l’autoresponsabilité. Nous ne pouvons nous permettre de dépendre de quelqu’un d’autre pour résoudre nos propres problèmes. Commençons par le faire par nous-mêmes… « with a little help from your friends »

La religion du « Do It Yourself »

Puisque Dieu numéro 1 est vraisemblablement retenu en otage de partout, par les Ayatollahs perses assoiffés de sang, par le télégénique pape polonais et par la Moral Majority, alors il n’y a qu’une seule alternative logique. Sillonner son bout de chemin. Avec vos amis vous créez votre propre religion. Le Temple, c’est bien sûr votre corps. Vos esprits écrivent la théologie. L’Esprit saint émane de cette intersection infiniment mystérieuse entre votre cerveau et les cerveaux de votre équipe. Parvenir ne serait-ce qu’aux banlieues du Paradis suppose une navigation correcte et une planification de votre part. L’enfer est une série de fautes qu’on peut racheter. Un détour dû à une défaillance de votre relecture du plan de parcours. Un cycle d’erreurs.

Rétribuez-vous en faisant que vos choix vous mènent à l’amitié et aux plaisirs. Créer un cycle cybernétique basé sur des engrenages positifs. Ce n’est que d’un état de libre authenticité que le moindre signal réellement empathique ne peut être émis vers les autres.

L’administration d’un état personnel

La gestion et le commandement d’une singularité mènent à une carrière très occupée. Une fois l’individu s’est-il établi comme religion, pays, entreprise, réseau informel, et univers neurologique, il est nécessaire de stabiliser les équivalents personnels des services et des missions à l’œuvre dans cette démocratie. Cela implique de former des alliances privées ; et en exprimant des plates-formes politiques personnelles, de se diriger soi-même dans ses relations proches ou lointaines, d’établir des polices de transactions, des programmes de sécurité et de défense, des projets qui « instruisent et divertissent ». Pour le positif, on peut être libre de la dépendance envers les bureaucraties, bénédiction inestimable. (Des agents libres peuvent par ailleurs nouer des relations temporaires avec des organisations et leurs officiels). Si les pays ont une histoire et des origines mythiques, pourquoi pas vous aussi ?

Les Mythologies personnelles

Sondez et re-sondez votre propre banque génétique mémorielle, les Anciens Testaments de votre ADN y compris si vous le souhaitez les incarnations passées, les archétypes jungiens, des pré incarnations funky dans tout futur possible à imaginer. Écrivez votre propre Nouveau Testament ; souvenez-vous que le martyre volontaire peut parfois être de mauvais goût ; que les crucifixions, comme les guerres nucléaires, peuvent ruiner vos jours.

Il vous est possible, avec vos amis, de réaliser ce qu’au nom de leurs dieux les grands empires, les grandes religions et les grands groupes raciaux ont pu réaliser. Et il est certain que vous le ferez mieux, vu le palmarès… Il serait impossible à votre État Personnel de produire autant de persécutions, de massacres et de comportement sectaires, actuels ou plus anciens. Il n’y a que vous, et même avec l’aide de vos amis, l’ensemble des nuisances que peuvent infliger des individus reste insignifiant comparativement à celles qui peuvent provenir du collectif.

Par ailleurs, vous êtes les enfants des années soixante et quatre-vingt-dix. Formés à désirer un monde pacifique, tolérant en même temps que drôle. Vous pouvez vous permettre de façonner vos dieux subtils, pleins d’humour, attirants et doux dingues.

Irrévérence, le code d’accès au vingt et unième siècle.

La société humaine est arrivée à un tournant dans la mise en œuvre des programmes numériques d’évolution, un stade auquel les prochaines étapes de l’évolution commencent à se dessiner. À surfer à loisir.

Dans un futur proche les méthodes des technologies de l’information, de l’ingénierie moléculaire, des bios et nanotechnologies ( échelle de l’atome) des programmations quanta digitales pourraient faire que la physionomie humaine ne soit plus déterminée que par quelques lubies, modes, ou choix temporaires.

La sanctification de l’image de notre corps, en même temps que l’irrationalité des tabous relatifs au sexe et à la mort, semble persister en temps qu’un des anachronismes les plus résistants dans la pensée à l’ère industrielle. L’être humain du futur pourrait être un hybride bio informatisé, de toute forme souhaitée, ou entité électronique dans l’univers informationnel digital.

L’humain comme programme. Ou l’humain dans les programmes

La forme de vie électronique qui correspond à la dimension de l’homme dans les programmes est plus étrange aux concepts actuels de notre humanité. Le stockage d’un système de croyances individuel sous la forme d’un ensemble structuré de données interconnectées, s’il est dirigé par les bons programmes, un appareil neuronal peut œuvrer dans la silice de la même façon qu’a pu se modéliser le cerveau dans la masse de chair, et en même temps plus rapidement, de façon plus prévisible et auto adaptative, enfin même, si on le souhaite tels les immortels.

Les post humains intelligents non seulement seront capable de se transmuter eux-mêmes de façon électronique, et ce, sous la forme de virus informatiques aptes à traverser les réseaux informatiques en se repiquer eux-mêmes par mesure de garantie contre les suppressions volontaires ou accidentelles.

« Qu’y a-t-il sur ce disque informatique ? » Rien d’intéressant, jeune Leary. On va le reformater.

Pour spéculer, on peut imaginer que de telles formes humaines de type virus existent déjà en nos systèmes informatiques. Ces derniers conçus avec recherche, il serait extrêmement difficile, voire de fait impossible en pratique de pouvoir les détecter. Les programmes actuels ne permettent pas d’associer la vitesse opératoire de temps réel avec la complexité parallèle des cerveaux conventionnels. Or l’échelle temporelle d’une opération est subjective d’où non pertinente, sauf en terme d’interface.

Bien sûr, il n’y a aucune raison de restreindre une manifestation donnée à une forme particulière. À l’aide de contraintes physiques se réduisant au fur et à mesure (parfois peut-être au vu de restrictions économiques obligatoires), on pourrait être en mesure de pouvoir adopter toute forme désirée.

Vu la facile reproductibilité de l’information stockée de façon informatique, il pourrait être possible d’exister simultanément sous plusieurs formes. Fonctionnant de façon indépendante et présente à tout point de la branche, une intelligence persisterait sous chacune de ces formes. Où en ces circonstances les « je » sont une question pour les païens high-tech et les philosophes numériques.

Par Timothy Leary. Traduction française par Aurora, 2007. Extrait de Chaos et Cyberculture.

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